Bataille de Poitiers

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jeudi 6 août 2009

Et si on remettait en cause la mondialisation économique?

Une nation, une civilisation peuvent décliner, voire disparaître par l’absence de projet, de volonté d’être, de conscience des liens identitaires (cultuels, culturels, ethniques, historiques…) qui les construisent ou qui les légitiment, mais aussi par le démantèlement de leur économie.
C’est de ce démantèlement dont il est question ici à travers le mécanisme de la mondialisation économique.
Evidence, diront la plupart d’entre-nous…mais aussi ineptie crasse répondront en pontifiant les journalistes de Monde comme du Figaro : la mondialisation, est inéluctable . Pour eux, elle est d’ailleurs tellement créatrice de richesses que notre pays et l’Union Européenne sortent finalement gagnant de la mise en œuvre de ce mécanisme : on gagnerait en valeur de volumes de flux, d’activités du tertiaire ce qu’on perd en activité agricole, en transformation du produit, en production industrielle.

Que répondre ? que nous persistons à dénoncer la mondialisation derrière Maurice ALLAIS, seul prix Nobel d’économie français en nous appuyant sur son livre « La mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique », (Clément Juglar, Paris, 1999, 647 pages). Voilà un livre à découvrir et à étudier. Est-ce un livre présentant une thèse défendue sur le tard? Nullement. Il est écrit dans le droit fil de plus de cinquante ans d’étude sur l’économie.Nous en présentons ici un très bref aperçu.

Pourquoi cet ouvrage, demande Maurice Allais ? parce que « avec un sous-emploi de l’ordre de six millions si l’on tient compte du traitement social du chômage jamais la France ne s’est trouvée en temps de paix dans une situation économique aussi dramatique qu’aujourd’hui »p. 37, et de rappeler que de 1918 à 1039 et de 1946 à 1974, le chiffe du chômage a toujours été inférieur au million, que le taux de croissance annuel qui était de 4,9% de 1950 à 1974 est passé à 2,3% de 1974 à 1997.

Quelles sont les raisons de cette situation, de ce chômage ?
- « la libéralisation mondiale inconsidérée et excessive des échanges au regard des disparités considérables de salaires » p. 38 ;
- Un libre échangisme mondialiste adopté par l’Union Européenne (quand il devrait y avoir préférence communautaire), aggravé par un système de taux de change flottant et la déréglementation des mouvements de capitaux.


Cinq facteurs essentiels de ce chômage :
- « le chômage chronique induit dans le cadre national, indépendamment du commerce extérieur, par la structure de la protection sociale ;
- « le chômage induit pas le libre-échange mondial aggravé par un système monétaire et financier international dépourvu de toute régulation et générateur de déséquilibres ;
- « le chômage induit par l’immigration extra communautaire « qui sape les fondements mêmes de la cohésion du corps social » p. 70;
- « le chômage technologique ;
- le chômage conjoncturel » p. 71

La cassure de 1974
Pour Maurice ALLAIS, 1974 est l’année de rupture entre la prospérité continue, et la période 1974-1997, celle de croissance massive du chômage, de diminution des effectifs industriels, de la très forte réduction de la croissance.
La destruction des emplois se constate lorsqu’on a en mémoire que de 1950 à 1974, le chômage passe de 340 000 à 630 000, alors que de 1974 à 1987 il passe à près de 2 600 000 au sens du BIT.
Pourtant, pour apprécier pleinement la situation, il faut alors intégrer traitement social du chômage. On arrive alors à un sous-emploi de 4 500 000 en 1987, puis à une baisse légère et à une remontée de 1993 à 1997 pour atteindre 6 050 000 en 1997.

Maurice ALLAIS montre, courbe à l’appui, que le chômage au sens BIT évolue de façon tout à fait semblable en France et dans l’Europe des 15, ce qui dément le fait que cette situation serait propre à la France, mais ne se constate pas de façon comparable ailleurs (exemple au Japon).
1974 marque une cassure en matière d’emplois industriels : Alors que de 1955, ces emplois se sont accrus de 1 000 000 ( 50 000 /an), ils ont décru de 1974 à 1993 de 1 700 000, soit de 90 000/an.
En 1955 le pourcentage des emplois industriels dans la population active est de 27% ; en 1974 de 28%. Il passe en 1993 à 17% et en 1997 à 16,2%.

Dans un même temps, la croissance se ralentie très sensiblement dès 1974 ( 3,9% par an de 1955 à 1974 et 1,8% de 1974 à 1991) . Maurice ALLAIS, remarque en étudiant les courbes que si la croissance constatée de 1950 à 1974, s’était maintenue, le PIB réel par habitant aurait été d’environ 64% plus élevé.

L'auteur en arrive à la conclusion que « la question majeure d’aujourd’hui n’est pas seulement la question du chômage, c’est également la destruction de notre industrie et la destruction de la croissance de notre économie »p.141-142.

Comment expliquer cette cassure de 1974 ?
- par les chocs pétroliers consécutifs à la guerre du Kippour d’octobre 1973 et la guerre entre l ‘Iran et l’Irak de septembre 1980 ? mais alors que la deuxième guerre mondiale a représenté un choc plus grand, 5 ans après sa fin et pendant 20 ans le chômage est resté insignifiant le pourcentage des emplois industriel est resté constant et les niveaux de vie se sont rapidement élevés.
- Par les accords de Grenelle de mai 1968 ? Non ; lls ne touchaient que la France quand la cassure se constate sur toute la Communauté Européenne.
Pour Maurice ALLAIS une seule explication : « la libéralisation mondialiste des échanges extérieurs de l’Organisation de Bruxelles ».

Alors? Nous vous invitons à proposer une autre politique économie et en venir notamment à la préférence nationale et communautaire. Nous reviendrons cette thématique qui n'est pas exclusive d'une aide au développement au profit des pays les plus pauvres conjuguée avec une politique de retour au pays.

Pierre VALERI

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